GALF Gestalt à la frontière
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Le projet

La thérapie sociale, une pratique inventée par Charles Rojzman

Aujourd’hui plus que jamais cette approche nous paraît essentielle à découvrir, à comprendre, à pratiquer. Adapter la thérapie individuelle au collectif, s’intéresser à tous les types de violence – l’humiliation, l’abandon, la culpabilisation, la violence institutionnelle…– en regardant aussi comment ces phénomènes peuvent déclencher des réponses violentes, pratiquer une forme d’éducation à la vie démocratique, voilà ce que propose cette thérapie.

Elle met en évidence « les représentations » que chacun se fait de la réalité. En tenant à distance les « bonnes intentions » de ceux qui voudraient pacifier les conflits avant qu’ils n’éclatent, elle offre une écoute des passions, des « hallucinations » qui nous décollent de la réalité en listant trois facteurs aliénants : la dépression, qui nous laisse à penser que nous ne valons rien, que nous n’y arriverons jamais ; la « socio-pathie », c’est-à-dire l’indifférence à l’autre, voire la criminalité ; et enfin, la victimisation qui nous pousse à fuir nos responsabilités. 

Du nazisme à la question de l’immigration 

Dans les années 1980, avec le retour des extrémismes et du nazisme, Charles Rojzman voit poindre les vieux démons du nazisme qui ont fondé son histoire. Constatant que le mal, plus que politique, peut devenir une sorte de folie collective, il cherche alors des moyens de lutter contre la haine. La question de l’immigration amène à réfléchir sur le racisme. C’est alors que le travail sur la transformation de la violence en conflit s’impose comme le cœur de la formation et de la prévention. La Thérapie Sociale est née.

Une conception novatrice

La Thérapie Sociale est une approche transdisciplinaire qui a pour vocation de comprendre et de surmonter les obstacles personnels et collectifs à la coopération et à l'intelligence collective. Favoriser la coopération passe par la réhabilitation des conflits, indispensables dans un monde d'une grande complexité et toujours plus divers. Enfin, elle ne peut se réduire ni à une méthode de communication, ni à une démarche de psychothérapie, ni à une branche de la psychologie clinique ou de la psychosociologie.

Vivre et travailler ensemble nécessite une compréhension profonde des phénomènes de violence qui entravent la coopération. Notre expérience montre qu'elle ne peut ni se décréter par des lois ou des règlements, ni s’enseigner de manière didactique, ni se développer par imitation ou en suivant un modèle. Elle demande des qualités qui se développent au fil de transformations à la fois personnelles et collectives, rendues possibles par un processus et dans un cadre spécifiques.

La Thérapie Sociale  constitue ainsi à la fois  une méthodologie d'intervention permettant aux individus, groupes et collectivités d'agir dans la réalité et une manière innovante de comprendre et d'aborder la dimension psychosociologique de la vie collective. Elle peut se résumer en trois aspects interdépendants : la thérapie du lien, le processus d’intelligence collective, l’éducation à la vie démocratique.

Pratiquer la Thérapie Sociale, c’est passer

  • de la violence au conflit
  • du sentiment d’impuissance au pouvoir d’agir
  • de l’idéalisation / diabolisation à l’aspect critique
  • de la soumission / rébellion à l’autonomie
  • de la victimisation à la responsabilité
  • de la peur à la confiance en soi.

L'Hétérogenèse urbaine, un concept venu du Brésil

Créer des groupes de paroles hors des institutions, retrouver au cœur de la ville l'espace de l'agora où l'expression citoyenne est libre, réhabiliter en milieu urbain la dimension du sensible pour que chacun puisse s'exprimer de cœur à cœur et faire résonner sa différence avec celle de l'autre.

L'Hétérogenèse urbaine est une expérience du vivre ensemble conçue dans la ville de Macaé, au nord-est de Rio de Janeiro. Son créateur Paulo de Tarso, musicien-compositeur, docteur en psychologie et philosophe et post-docteur en philosophie conçoit nos différences comme des notes de musique qui permettent de composer ensemble une partition commune.

A l'ombre du manguier ou la naissance du concept

C'est une expérience dans la rue qui est à la base de l'Hétérogenèse urbaine. Coordinateur du service de la santé mentale de la ville de Macaé, Paulo de Tarso décide un jour d'ouvrir les portes de l'institution aux patients. Ceux qui se côtoient sans forcément se fréquenter à l'intérieur du service se retrouvent alors tous ensemble dans la ville à l'ombre d'un manguier.

Un groupe de paroles délocalisé en quelque sorte, mais surtout un groupe de paroles au contact des passants qui s'arrêtent et échangent avec eux.

Un psychiatre de l'institution, interpellé par ce rassemblement, les rejoint et réalise qu'il entend là des choses que ses patients ne lui disent pas dans son propre cabinet. La parole est plus libre, les uns parlent de leur souffrance, laquelle résonne chez les autres qui se mettent à parler de la leur.

De ce public diversifié qui se rencontre là spontanément se construit quelque chose en commun : un espace de parole où chacun peut se raconter et s'écouter de cœur à cœur. L'hétéro (différence, opposé) genèse (création) urbaine est née de ce rassemblement du manguier.

Des espaces esthétiques : la dimension du sensible dans la ville

Ces groupes de paroles extra-muros, au sein de la cité, sont semblables à l'agora de la Grèce antique. Au-delà de l'aspect convivial du rassemblement, c'est en effet la dimension démocratique d'une parole citoyenne qui s'exprime en toute liberté dans le groupe. C'est également une dimension du sensible, plus personnelle.

Pour Paulo de Tarso, la ville est le réceptacle de tous nos affects qui, lorsqu'ils sont exprimés, partagés, touchent chacun dans son histoire personnelle.

Dans l'Hétérogenèse urbaine, la sensibilité est une autre façon de penser : les espaces de rencontres et d'échanges deviennent, selon Paulo de Tarso, des « espaces esthétiques ». Quand les gens parlent de ce qu'ils sont profondément dans leurs différences, dans ce que sont leurs particularités, leurs ressentis, leurs éprouvés, le groupe agit telle une caisse de résonance. L'espace esthétique est comme un lieu où une musique se compose à plusieurs. 

La ville vécue en contrepoint ou l'expérience d'une co-création citoyenne

Paulo de Tarso est musicien-musicothérapeute et la musique tient forcément une grande place dans le mouvement de l'Hétérogenèse urbaine. La parole citoyenne au sein des groupes spontanés de la rue s'assimile à une musique en contrepoint qui vient soutenir la mélodie principale des règles de la ville. Un lieu où le hors-norme est possible dans un cadre plus normatif. L'un étant complémentaire de l'autre et vice-versa.

Aujourd'hui, ce musicien-thérapeute-philosophe inspiré par Spinoza, organise ce qu'il nomme des « concerts participatifs ». Le public y est un élément actif puisqu'il peut intervenir par une parole, un dessin, une poésie à partir de ce qu'il entend, de ce qu'il ressent. La co-création est un élément majeur de l'Hétérogenèse.

Coordinateur de l'université libre « Citoyenneté, villes et humanité » de Macaé, Paulo de Tarso y enseigne l'Hétérogenèse urbaine aux éducateurs, aux professeurs et au grand public. Paulo commence à travailler cette année avec la méthode de l’Hétérogénèse Urbaine auprès de deux cents familles membres du « Mouvement sans Terre » (Movimento Sem Terra) habitant à la campagne près de la ville de Macaé.

Il enseigne également à l'université de Rio de Janeiro cette méthode destinée à la médiation sociale. Des professeurs ayant vécu l'expérience de groupe du manguier s'en inspirent pour traiter des problèmes de violence dans les écoles et les institutions.

Actualités

Nouvelle journée des Talents  Samedi 2 février 2019

de nouveaux  ateliers pour partager vos talents!

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Assemblée Générale

le soir même à 19h

 

 

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